Quelle fiscalité pour un investissement immobilier à Bali quand on est résident fiscal français ? Entre l'impôt indonésien de la PT PMA, la retenue sur les loyers, la flat tax au rapatriement et l'IFI, voici le parcours complet d'un euro de loyer balinais — du check-in du voyageur à votre déclaration française.

À retenir
- En Indonésie : 0,5 % du CA en régime d'entrée PT PMA, puis IS 22 % ; loyers en direct soumis à un impôt final (~10 %).
- Côté France : dividendes rapatriés à la flat tax 30 %, convention fiscale contre la double imposition, et obligations 3916/2047/IFI maintenues.
- Le nominee est illégal et indéfendable : la sécurité fiscale commence par la bonne structure — PT PMA ou leasehold vérifié.
Sommaire (6 chapitres)
- 01Où paie-t-on l'impôt quand on investit à Bali depuis la France ?
- 02La fiscalité d'une PT PMA qui exploite votre villa
- 03Louer en direct : la retenue à la source sur les loyers
- 04Rapatrier ses revenus en France : dividendes et flat tax
- 05IFI et déclarations : vos obligations côté France
- 06Les erreurs fiscales les plus fréquentes (et comment les éviter)
Où paie-t-on l'impôt quand on investit à Bali depuis la France ?
Règle de base : les revenus d'un bien immobilier situé en Indonésie sont imposés d'abord en Indonésie. La convention fiscale franco-indonésienne évite la double imposition : la France tient compte de l'impôt payé sur place, et vous ne payez pas deux fois plein pot sur les mêmes loyers.
Concrètement, votre schéma fiscal dépend de la structure choisie : exploitation via une PT PMA (société indonésienne à capitaux étrangers, la voie standard pour louer légalement une villa), ou détention en leasehold en direct. Les taux et obligations diffèrent nettement entre les deux.
La fiscalité d'une PT PMA qui exploite votre villa
Une PT PMA en dessous d'un seuil de chiffre d'affaires (4,8 milliards IDR, soit environ 280 000 €) peut bénéficier du régime final de 0,5 % du chiffre d'affaires pendant ses premières années d'activité — un taux d'entrée remarquablement bas pour de la location courte durée.
Au-delà de ce régime, le droit commun s'applique : impôt sur les sociétés de 22 % sur le bénéfice net, TVA (PPN) de 11 % sur les prestations quand la société y est assujettie, et retenues à la source sur certains flux. La société doit tenir une comptabilité mensuelle, déposer ses déclarations et produire un rapport LKPM trimestriel — notre article PT PMA à Bali détaille ces obligations.
Ces contraintes de conformité sont le vrai « coût caché » : budgétez la comptabilité et les licences annuelles dans votre calcul de rendement net. C'est intégré d'office dans les simulations que remet notre équipe de gestion légale.
Louer en direct : la retenue à la source sur les loyers
Si vous détenez un leasehold en nom propre et encaissez des loyers, l'Indonésie applique un impôt final sur les revenus locatifs immobiliers (PPh final) prélevé sur le loyer brut — le taux usuel est de 10 % pour un résident fiscal indonésien, avec un traitement spécifique pour les non-résidents.
Ce régime est simple mais moins optimisé que la PT PMA pour de la location courte durée active : pas de déduction des charges, et l'exploitation commerciale d'une villa touristique en nom propre pose des questions de licence. C'est pour cela que la quasi-totalité des projets sérieux passent par la société.
Le bon choix dépend du montant investi, de la durée de détention et de votre objectif de sortie — les trois scénarios sont comparés dans notre guide Comment investir à Bali.
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Rapatrier ses revenus en France : dividendes et flat tax
Une fois l'impôt indonésien payé, la PT PMA distribue ses bénéfices sous forme de dividendes. Côté France, ces dividendes entrent dans le régime standard : prélèvement forfaitaire unique (« flat tax ») de 30 % — 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux — avec le mécanisme conventionnel qui évite la double imposition sur la retenue indonésienne éventuelle.
En pratique, beaucoup d'investisseurs choisissent de réinvestir une partie des bénéfices sur place (amélioration du bien, deuxième projet) et de ne rapatrier que le nécessaire, ce qui diffère la fiscalité française. C'est une décision de pilotage, pas d'évasion : les flux rapatriés sont déclarés normalement.
N'oubliez pas le change : les loyers sont encaissés en roupies (IDR), l'investissement est chiffré en euros. Sur des cycles longs, la variation de change peut jouer dans les deux sens sur le rendement rapatrié.
IFI et déclarations : vos obligations côté France
Être imposé en Indonésie ne supprime pas vos obligations déclaratives françaises. Trois points concrets : les revenus étrangers se déclarent (formulaire 2047 en annexe de votre déclaration), les comptes bancaires ouverts à l'étranger — y compris le compte de votre PT PMA dont vous êtes signataire — se déclarent (formulaire 3916), et l'immobilier détenu à l'étranger entre dans l'assiette de l'IFI si votre patrimoine immobilier mondial dépasse 1,3 million d'euros.
Les sanctions pour non-déclaration de comptes étrangers sont lourdes et automatiques : c'est l'erreur la plus fréquente — et la plus évitable — des investisseurs français à Bali.
Les erreurs fiscales les plus fréquentes (et comment les éviter)
1. Le montage nominee — mettre le bien au nom d'un prête-nom indonésien : illégal, aucun recours en cas de litige, et fiscalement indéfendable. 2. Oublier les déclarations françaises (3916, 2047) en croyant que « tout se passe en Indonésie ». 3. Comparer des rendements bruts entre destinations sans intégrer structure, conformité et fiscalité de rapatriement.
4. Sous-budgéter la conformité de la PT PMA (comptabilité, LKPM, licences) dans le calcul du net. 5. Improviser la sortie : la revente d'une villa détenue en société ou en leasehold a ses propres règles fiscales — elles se préparent à l'entrée, pas au moment de vendre.
Un projet bien structuré neutralise ces cinq pièges dès le premier jour. C'est précisément le rôle de l'accompagnement juridique et fiscal inclus dans nos projets clé en main.
Questions fréquentes
Sous le seuil de 4,8 milliards IDR de chiffre d'affaires, le régime final de 0,5 % du CA s'applique les premières années. Ensuite : impôt sur les sociétés de 22 % sur le bénéfice, et TVA de 11 % le cas échéant.
Non : la convention fiscale franco-indonésienne évite la double imposition. Les revenus sont imposés en Indonésie ; côté France, les dividendes rapatriés relèvent de la flat tax de 30 % avec prise en compte conventionnelle.
Oui : l'immobilier détenu à l'étranger entre dans l'assiette de l'IFI si votre patrimoine immobilier mondial net dépasse 1,3 M€. La valeur de la villa (ou des parts de société à prépondérance immobilière) doit être déclarée.
Oui, si vous êtes signataire : les comptes détenus ou contrôlés à l'étranger se déclarent chaque année (formulaire 3916). L'omission est lourdement sanctionnée.
Non — c'est un régime d'entrée limité dans le temps et au seuil de CA. Intégrez le passage au droit commun (IS 22 %) dans toute projection au-delà des premières années.
Conclusion
La fiscalité franco-indonésienne d'une villa à Bali est lisible quand elle est anticipée : un étage indonésien avantageux à l'entrée (0,5 % du CA), un étage français classique au rapatriement (flat tax 30 %), et des obligations déclaratives à ne jamais négliger.
Le rendement net de 10-13 % observé sur nos villas intègre ces coûts de structure et de conformité — comparez toujours du net à net entre destinations.
Pour une simulation fiscale appliquée à votre situation (montant, durée, objectif de sortie), échangez avec notre équipe — et faites valider le montage par votre fiscaliste.



